(re)cadrages

Heroes pointés

Après une première saison qui l’avait propulsé dans l’Olympe cathodique des séries TV les plus encensées, Heroes avait largement dévoilé ses failles en saisons 2.

La série s’est presque honteusement rattrapée aux branches de la fameuse grève des scénaristes de l’an dernier pour tenter (vainement) de justifier cette suite aux arrières goûts de pétard mouillé. Alors que la saison 1 avait passionné par son rythme, ses intrigues et révélations savamment distillées, la saison 2 nous avait offert un début poussif, brouillon, parsemé d’une foule de nouveaux personnages assez inintéressants alors que, parallèlement, les héros déjà connus devenait, pour la plupart, des caricatures d’eux-mêmes qui finissait par nous taper sur le système.

La grève des scénaristes aura au moins eu ça de bon qu’elle a finalement obligé les producteurs à se remuer et à abandonner les digressions pour tenter de se concentrer sur l’intrigue centrale.

Le bilan de cette seconde saison a pourtant été sanglant pour tous ceux qui se prenaient pour les nouveaux Spielberg de la série télé : les fans de la première heure n’ont pas suivi et se sont même permis de relayer leur mécontentement sur le Net.

Le « Season Premiere » de cette 3e saison était donc d’avance un grand objet de curiosité pour votre blonde préférée et c’est avec un grand intérêt que j’ai regardé ce double épisode de 2 heures qui annonçait le grand retour de Heroes.

Mon premier bilan est assez sévère et, ce, sur un point bête, mais fondamental.

Une chose saute littéralement aux yeux. Les producteurs et créateurs de la série ont un peu trop traînés sur les forums dédiés à leur bébé et se sont gentiment astreint à tenter de contenter les fans pour faire remonter l’audimat.

Les deux questions majeures des « heroes addicts », à savoir « qu’est-ce que Sylar fait aux cerveaux et est-ce qu’il les mange ? » et « quel est le don de Mama Pitrelli », trouvent, comme par miracle, une réponse dès la première heure de cette nouvelle saison.

Bien plus qu’un clin d’œil subtile pour les fans, j’y vois une vulgaire et désespérée opération de racolage. Et c’est loin de titiller ma sympathie tellement le procédé est lourd, visible et extrêmement vulgaire.

Et que dire de la « révélation finale » ? (révélation que je ne citerai pas, ceux qui ont vu l’épisode savent de quoi je parle, c’est le cliffhanger qui est sensé nous faire patienter pendant une semaine)

J’en reste bouche-bée, non pas (hélas messieurs les producteurs) parce que je trouve ça « terrrrrible »… mais juste parce que ce twist est totalement téléphoné et qu’il tombe comme un cheveu de chauve dans la soupe d’un alzheimerien.

Pas d’indices pour cogiter, pas de pistes de théories à imaginer, non, juste une banale et énorme révélation livrée à froid qui ferait passer les marseillais et leur sardine pour des enfants de cœur de l’exagérément improbable.

Au rayon de l’énormissime « n’import’nawak », je me dois aussi de mentionner Niki… euh non, Jessica… ah non, Gina… ah bein non, Tracy, ultime ( ?) personnage de la blonde la plus changeante de la série. Sauf que, si on en croit les spoilers, après la schizophrénie, on va avoir le droit aux naissances multiples. Manifestement, la mère des blondes n’était pas une flèche en maths, puisqu’elle aurait eu des triplettes et non des jumelles. Il faut croire que la sainte femme a eu le bonheur de ne pas connaître les souffrances de l’enfantement, parce que quand on sait à quel point on douille déjà pour donner naissance à un seul enfant, croyez-moi sur parole, je pense qu’on doit « légèrement » remarquer quand on en fait sortir 3 d’affilé !

Je ne parlerai même pas de Nathan touché par la grâce de Dieu, car mon cœur balance entre le fou rire et l’incrédulité la plus totale devant la bêtise sans fond de cette ligne scénaristique.

A quand le cul de jatte qui peut voler et le scientifique qui fusionne son ADN avec celui d’une mouche et qui se transforme en Jeff Goldblum ? (ah non, merde, ça c’est déjà fait, c’est Mohinder en Superman vu par le Cronenberg du pauvre)

On sait tous que le spectateur est un couillon volontaire, mais il y a des limites à ce qu’on est prêt à croire pour adhérer à une fiction. Mais les créateurs de Heroes ne semblent pas être au courant de cette subtilité pourtant basique, puisqu’apparemment ils risquent bien de nous sortir de leur chapeau des petites choses aussi originales que : il y a encore parmi les récurrents un Petrelli qui s’ignore (il devrait monter un club avec les triplettes), Sylar va avoir un enfant avec une des héroïnes (on ne sait pas encore si la mère va garder son cerveau ou si l’enfant va avoir plusieurs têtes) et Matt va être guidé par un shaman africain qui peint le futur, qui prédit la fin du monde et qui est bien moins mignon qu’Isaac (on imagine déjà le nouveau slogan : « save the turtle, save the world ! »)

J’ai bien l’impression que le pétard n’est même plus mouillé, mais qu’il a carrément sombré corps et âme avec l’audimat déjà très en dessous des espérances pour cette reprise.

Moi aussi je vois le futur : la 3e saison d’Heroes sera la dernière…

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